1971

Tous les titres composés par Rory Gallagher excepté ceux notés

Face A

  1. "Laundromat" – 4:38
  2. "Just the Smile" – 3:41
  3. "I Fall Apart" – 5:12
  4. "Wave Myself Goodbye" – 3:30
  5. "Hands Up" – 5:25

Face B

  1. "Sinner Boy" – 5:04
  2. "For the Last Time" – 6:35
  3. "It's You" – 2:38
  4. "I'm Not Surprised" – 3:37
  5. "Can't Believe It's True" – 7:16

CD bonus tracks

  1. "Gypsy Woman" – 4:02 (Muddy Waters)
  2. "It Takes Time" – 3:34 (Otis Rush)

Réalisation : 21 Mai, 1971 / Remasterisé en 2018

Maison de disques : UMC

Enregistré aux Advision Studios, de Londres

Producteur: Rory Gallagher

Participation :

Rory Gallahger (Chant/Guitares/Saxophone Alto/Mandoline/Harmonica)

Gerry McAvoy (Guitare Basse)

Wilgar Campbell (Batterie et Percussions)

Vincent Crane (Piano)

WHAT DÓNAL GALLAGHER ABOUT THIS ALBUM

Mardi 22 avril 2025

A l'occasion d'une de mes maraudes sur Internet je tombe, il y a quelques jours, sur un site Internet (https://metal.nightfall.fr/index.php pour ne pas le nommer) et j'y découvre d'excellentes chroniques des albums de Rory (euphémisme du mois !). Aujourd'hui même, Dark Beagle, l'un de ces talentueux chroniqueurs, me fait le grand plaisir de m'autoriser à associer les siennes aux pages des albums qu'il a chroniqué. Une plus-value considérable pour ce site, merci Fred !!!

DARK BEAGLE le 30 Avril 2017          

A la surprise générale, TASTE splite alors qu’un succès international semblait lui ouvrir les bras. John Lennon était fan, le groupe s’était produit au fameux festival de Wright pour y laisser une prestation mémorable gravée sur sillons. Mais voilà, les habituelles divergences musicales auront eu raison de la formation irlandaise qui aurait pu voir grand, viser haut. Son guitariste et chanteur, Rory Gallagher, va rapidement sortir un premier album studio et là, il fallut bien se rendre compte d’une chose : on le tenait, ce troisième opus de TASTE et il était alors tellement facile de comprendre que Gallagher en était l’âme et que s’il ne se faisait pas un nom avec TASTE, il le ferait en solo.

Nous sommes en 1971 et la musique Rock avait connu de grands bouleversements quelques années plus tôt. LED ZEPPELIN avait connu un succès immédiat avec son Hard Rock touchant aussi bien au Blues et au Folk et avait placé quelques pierres angulaires du genre, histoire que l’on se souvienne bien d’eux comme étant les pionniers les plus célèbres du genre ; BLACK SABBATH avait alourdi la formule, créant tour à tour le Heavy Metal ainsi que le Doom, tandis qu’après des débuts timides, DEEP PURPLE faisait rugir la Stratocaster de Ritchie Blackmore. Rory Gallagher, lui, jouant également sur Stratocaster, va explorer les voies du Blues, le mâtinant de sonorités plus explosives, à l’instar d’un Jimmy Page, en moins flamboyant toutefois sur cet opus éponyme.

Ce qui est appréciable, c’est la grande diversité que propose le jeune guitariste sur ce disque. Il va nous exposer à du Rock’N’Roll furieux («Laundromat»), caresser des nuances plus Folk («Just The Smile», «It’s You», de loin le titre le plus léger du disque), nous balancer des pépites de Blues qui vont en laisser pantois plus d’un («I Fall Apart», «Can’t Believe It’s True»). Son jeu est précis, soigné, parfois un brin timoré. Mais dès que le jeune homme cesse de chanter, il laisse ses doigts parcourir le manche de sa Stratocaster et là…

Les nombreux soli de Gallagher viennent apporter du piquant à l’ensemble, une dose élevée de saturation, un mordant des plus appréciables. Souvent longs, mais jamais ennuyeux, ils démontrent tout le talent du jeune six-cordiste et viennent tirer l’ensemble vers le haut. «Hands Up», un Rock gentiment énervé, prend une autre dimension quand Gallagher commence à s’exprimer autrement que par la voix, «Sinner Boy» prend une toute autre dimension, bien aidé il faut dire par le groove que délivre la section rythmique. Mais c’est bien «I Fall Apart» qui se montre des plus brillantes. La ballade prend une toute autre dimension alors que Gallagher fait crier sa guitare, tout en nuances et subtilité alors qu’il durcit le ton, qu’il sue sang et eau pour nous transporter, nous achever aussi.

Mais il ne faut pas croire que les soli prennent le dessus sur le reste. Parce que si les riffs des morceaux peuvent paraître simples, voire convenus, ils dégagent énormément d’émotions différentes. Les ballades sont à ce titre remarquables de sensibilité, comme en témoignent «Can’t Believe It’s True», fragile et touchante ou «I Fall Apart», qui est au final certainement le titre le plus marquant de cet album, qui condense en son sein toutes les qualités du guitariste.

Le disque se révèle un peu plus à chaque écoute et très vite, on peut en faire un parallèle avec la pochette, criante de sobriété. On y voit Rory, l’air un peu effacé, avec un sourire timide et une posture qui trahit une certaine humilité. Et l’on retrouve exactement ça d’un point de vue musical. Gallagher joue avec son cœur et son âme, il nourrit ses compositions de sa personnalité et laissera sa part d’ombre ressortir durant ces soli racés, grinçants et musclés dont il nous abreuve avec une grande générosité.

Ce premier opus n’est peut-être pas le plus explosif de la carrière de Rory GALLAGHER. Il se veut même assez soft si l’on excepte les soli qui viennent apporter un peu d’aridité à l’ensemble. Mais on ne peut passer à côté de son feeling, qui ressort de façon agréable et touchante également. Le jeune Irlandais est une référence en matière de guitare. Pas forcément des plus connues, citée spontanément par la majorité des guitaristes, mais une référence au même titre qu’un Jimmy Page ou un Ritchie Blackmore. Et si sa carrière solo commence de façon assez calme, il se montrera bien plus vindicatif par la suite.

Retrouvez la rubrique de Dark Beagle sur le site :  https://metal.nightfall.fr/index_12390_rory-gallagher-rory-gallagher.html

Ou encore celle de Teemo publiée le 20 février 2014

La carrière solo de l'irlandais débute en 1971 à Londres, après la dissolution, de " Taste ", groupe ayant déjà rencontré un certain succès. Et en 1971 on avait déjà écopé des quatre premiers Led Zeppelin, et pas des moindres. On s'était déjà goinfré de riffs ravageurs, bâfré des soli d'un Jimmy Page au sommet de son art, écœuré par sa capacité à revisiter ses morceaux à l'infini lors des concerts... Pourtant, c'est lors de cette même année que Rory Gallagher sort son premier album solo, le début d'une carrière bien fournie en émotions.

Comme pour beaucoup de rockers de l'époque, une des influences majeures du guitariste de Cork est le blues. Il s'imprègne de la musique des bluesmen tels que Otis Rush ou Muddy Waters. Le blues est omniprésent dans les compositions de Gallagher. " Wave Myself Goodbye " et son intro et outro à la Big Bill Brounzy est un des morceaux qui le démontre, malgré son aspect un peu plat et langoureux. Notons également " Gypsy Woman " et " It Takes Time ", deux titres bonus qui sont des reprises plutôt réussies dans la plus pure lignée du blues. Elles contrastent assez avec le reste de l'album mais " It Takes Time " repris à la sauce Texas Blues à la manière de Stevie Ray Vaughan ne peut que nous convaincre.

Le versant folko-acoustique de la musique de Rory rappelle parfois celle de Bert Jansch, guitariste et chanteur écossais adulé par Page - " Down by Blackwaterside ", morceau TRÈS inspiré de " Blackwater Side " - mais ayant aussi été une influence pour Neil Young (" The Needle and the Damage Done "). Il faut savoir que Rory est très attaché au folklore irlandais, chose qui va se ressentir tout au long de sa carrière et qui contribuera largement, tout comme pour Jimmy Page, à enrichir son style. On le comprend dès l'arrivée du très bon titre " Just The Smile ", où Rory est accordé de façon atypique, apportant cette sonorité grandement inspirée du groupe Pentangle, crée par Bert Jansch et John Renbourn. La présence de quelques percussions orientales ne fait que renforcer le rapport avec la musique folklorique. Côté acoustique on a aussi " It's you ", une gentille chansonnette, pas dénuée d'intérêt mais dont le mélange mandoline et slide guitare devient agaçant à la longue. Le duo piano/guitare " Im not Surprise ", quant à lui s'écoute plutôt bien.

Enfin, le genre de prédilection de l'irlandais : le rock. Quand on connait l'" Irish Tour " ce premier album semble un cran en dessous en termes d'énergie déployée. Bien sûr, nous comparons là un live et un studio, mais les compos rock de l'album éponyme sont nettement plus soft que ce que Rory nous servira plus tard. " Landraumat " est justement le titre qui donne le meilleur aperçu du style que Rory se forgera peu à peu en nous servant une musique puissante et directe. Les fans de soli interminables et inspirés se doivent d'écouter " Hands up ". En revanche, " Sinner Boy " qui fait la part belle aux impros jouées à la slide, nous convainc moyennement, la faute à cette slide qui en fait vraiment trop et qui devient presque fatigante (notamment le passage où il la double avec sa voix). On notera tout de même une finale terrible.
La langoureuse ballade " For the Last Time " est l'occasion d'un solo mémorable qui s'étire sur près de 3 minutes. Mais s'il fallait choisir une composition rock, il faudrait se pencher sur le mid tempo " I Fall Apart " . D'abord porté par des accords au son clair et une voix douce presque timide, ce superbe morceau joue habilement avec les contrastes d'ambiance. Après un solo de folie plein de feeling on retombe sur une atmosphère tamisée et reposante, ponctuée de passages plus relevés et pour enfin déboucher vers un pont instrumental sorti de nulle part qui conclut le morceau avec brio.
Le titre " Can't Believe It's True " est une curiosité puisqu'on y entend Rory jouer du saxophone et nous gâter d'un solo à la fin du morceau. Cet intéressant hommage à deux géants du jazz Eric Dolphy et John Coltrane témoigne que Gallagher était très ouvert d'esprit. Et c'est loin d'être la première fois qu'un bluesman invite le jazz à la fête. Citons Stevie Ray Vaughan, dont le style est portant très ancré dans le blues électrique du Texas, qui compose des morceaux comme " Stang's Swang " ou " Riviera Paradise ", sous l'influence certaine de Kenny Burrell et de Wes Montgomery.

Ce qui fait la force de Rory Gallagher c'est sa polyvalence, sa capacité à savoir manier aussi bien l'acoustique que l'électrique et d'y adjoindre une touche de slide souvent très appréciable. Ce premier album contient son lot de titres rock mais l'ensemble est plutôt sage par rapport à ce qu'il produira plus tard. La balance penche du côté soft mais il ne s'agit pas moins d'un album prometteur qui illustre à merveille les capacités du bonhomme.

Source : http://fp.nightfall.fr/index_6555_rory-gallagher-rory-gallagher.html

A l'occasion de l'anniversaire des 50 ans du premier album de Rory Gallagher Donal Gallagher à l'excellent idée de proposer une réédition contenant toutes les versions alternatives de chaque morceau ! Décliné sous forme de :

  • quadruple CD + 1 DVD (50 minute die son premier concert solo à  ''Pop Deux’)
  • quintuple  vinyles
  • une ''version light'' de 2 CDs seulement qui propose quant à elle, outre la version originale, un mélange de versions alternatives et d'enregistrements live de la BBC.

Le coffret étant en rupture de stock et non réédité, il commence à atteindre des sommets sur le marché de la revente d'occasion (175 € sur Rakuten)... :-(