I'm a million miles away, sealing like a driftwood on a windy bay -
(ndt : Je suis à des millions de kilomètres, prisonnier comme un morceau de bois flotté sur une baie balayée par le vent)

Million Miles Away - Rory Gallagher 1973

1973

TATTOO - LP tous les titres composés par Rory Gallagher excepté ceux notés entre parenthèses.

Face A

  1. "Tattoo'd Lady" – 4:34
  2. "Cradle Rock" – 6:15
  3. "20:20 Vision" – 4:02
  4. "They Don't Make Them Like You Anymore" – 4:05
  5. "Livin' Like a Trucker" – 4:19

Face B

  1. "Sleep on a Clothes Line" – 5:13
  2. "Who's That Coming" – 7:09
  3. "A Million Miles Away" – 6:55
  4. "Admit It" – 4:19

CD bonus track

  1. "Tucson, Arizona" (Link Wray) – 3:47
  2. "Just a Little Bit" – 7:43 (Rosco Gordon)

réalisé le 11 novembre 1973 / Remasterisé en  2017

Maison de disques : UMC

Enregistré au Summer 1973, Cork City et mixé aux Studios Polydor, de Londres

composition :

Rory Gallagher (Guitares, Chant, Harmonica, Saxophone et Mandoline)

Gerry McAvoy (Guitare Basse)

Lou Martin (Claviers et Accordéon)

Rod de’Ath (Batterie et Percussion)

DETAILS ABOUT THIS ALBUM

Track list de la version française de l'album vinyle :

  • Face A : "Tattoo'd Lady" - "They Don't Make like You Anymore" - "A Million Miles Away" - "Who's That Coming" - "Livin' Like a Trucker"
  • Face 2 : "Cradle Rock" - "Admit It" - "20:20 Vision" - "Sleep on a Clothes Line"

Probablement l'album le plus jazzy de Rory ! Réalisé en toute discrétion (et en toute confiance !) à Cork City, seulement neuf mois après l'album Blueprint, soit 2 albums en 1973 !

Mardi 22 avril 2025

A l'occasion d'une de mes maraudes sur Internet je tombe, il y a quelques jours, sur un site Internet (https://metal.nightfall.fr/index.php pour ne pas le nommer) et j'y découvre d'excellentes chroniques des albums de Rory (euphémisme du mois !). Aujourd'hui même, Dark Beagle, l'uns de ces talentueux chroniqueurs, me fait le grand plaisir de m'autoriser à associer les siennes aux pages des albums qu'il a chroniqué. Une plus-value considérable pour ce site, merci Fred !!!

Dark Beagle, 30 Janvier 2021          

«Tattoo» est le quatrième album solo en studio pour Rory GALLAGHER, toujours accompagné par la fine équipe qui le secondait sur «Blueprint». Le guitariste irlandais aimait particulièrement jouer avec des musiciens fiables, aptes à le seconder et à mettre en valeur non pas un ego surdimensionné, mais les mélodies qu’il composait et qui prenaient une autre dimension sur scène. Les plus sceptiques peuvent se risquer sur n’importe quel Live du groupe, ils ne le regretteront pas. Mais pour l’heure – et avant d’enfoncer une porte ouverte avec le «Irish Tour ’74» – il est bon de se pencher un peu sur ce «Tattoo» qui nous intéresse ici car il représente un nouveau pic dans la carrière de Rory. Un de plus, serait-on tenté d’ajouter tant cette discographie, au final assez courte, est qualitative.

Sur «Blueprint», Gallagher accueillait au sein de son équipe Lou Martin, préposé aux claviers et capable de donner un coup de main à la guitare quand le besoin s’en faisait sentir. L’album était parfois un peu déséquilibré, Gallagher mettant les choses en place tout en assurant un travail de fou pour sortir le meilleur disque possible. Avec «Tattoo», la formule s’affine et offre une sélection de neuf morceaux impeccables et, surtout, variés. Le groupe ne se contente pas simplement de proposer un seul type de chanson qui sent l’hymne en puissance. Celui-ci, il est réservé pour l’ouverture avec cet étrangement sexuel «Tattoo’d Lady» au travers lequel se glissent quelques notes de piano qui viennent accompagner une guitare en feu.

Cette guitare, elle va se faire entendre de façon très électrique sur de nombreux passages. Gallagher durcit le ton de ses compositions, il leur offre également un grain de folie qu’il n’y avait pas forcément avant ; une chose est certaine, les musiciens prennent énormément de plaisir à jouer les morceaux qui forment cet album à la pochette pourtant très quelconque. Le visage de Rory en médaillon, capté sur scène pour l’énergie animale qu’il dégage, avec quelques dessins qui figurent des tatouages de marin autour, simples, loin de ce que l’on peut voir aujourd’hui. Dommage que cette jaquette soit au final si anecdotique par rapport à son contenu, un écrin un peu terne. Oui, les SCORPIONS auraient proposé plus libidineux. Mais GALLAGHER a une espèce d’élégance raffinée qui interdit toute dépravation sur les visuels.

Parce que si on fait l’erreur de s’arrêter sur cette pochette, de ne pas franchir cet obstacle insignifiant par paresse ou pour un autre prétexte, on passe à côté d’un superbe album qui tire sa force du Blues très électrique, pour ne pas dire organique, et qui ne stagne en aucun cas. Chaque morceau possède sa petite personnalité, aucun ne tend dans la direction des autres et pourtant tout se tient, tenu par ce fil rouge qui est la personnalité de Gallagher, tour à tour joyeuse ou plus mélancolique, mais qui ne laisse pas franchement indifférent. Si l’album précédent nous invitait à marcher sur des charbons ardents, celui-ci nous invite à nous y enfoncer et à nous y consumer.

La formation est en feu, bien qu’elle sorte d’une tournée et que «Blueprint» soit sorti un peu plus tôt dans l’année. La dynamique est bonne et cela s’entend. Difficile de ne pas se laisser embarquer dans cette furie Rock’N’Roll qu’est le bien nommé «Cradle Rock». Comment ne pas taper du pied face au groove contagieux de «Livin’ Like A Trucker» ? Ou ne pas partager la bonne humeur de Gallagher sur le plus léger «20:20 Vision» ? Que la guitare soit électrique ou acoustique, que Rory use de l’harmonica ou non, il se dégage un truc. «A Million Miles Away» est le morceau qui permet le mieux de mettre le doigt sur ce qui se dégage de ce «Tattoo» et qui finit par combler ceux qui s’attardent sur cette galette qui aurait pu finir en sélection si mes petits camarades ne m’avaient pas rappelé que l’objet a un peu plus de six mois.

Gallagher n’est pas vraiment un très bon chanteur. De nombreux artistes ont une voix mieux maîtrisée ou tout simplement plus agréable que la sienne. Mais il se laisse complètement porter par ses émotions et cela se retranscrit par un feeling monstrueux, qui va éclabousser toutes ses chansons, celles qu’il a déjà écrit et qui apparaîtront par la suite. Et «A Million Miles Away» est à ce titre somptueuse, une longue ballade où le clavier se fait volontiers un brin rétro et qui va conférer également une part non négligeable de charme à l’ensemble. Mais ce qui prédomine ici reste Rory et son toucher magique et juste, pas forcément le plus démonstratif, mais qui touche toujours là où ça fait le plus mal, en plein cœur.

C’est à se demander pourquoi «Tattoo» ne se termine pas dessus, la conclusion aurait juste été parfaite. Le plus triste est que «Admit It» n’est même pas une mauvaise composition, il s’agit même d’un bon Rock, bien solide, mais qui paraît tellement fade après cette décharge émotionnelle que l’on vient de se prendre et qui finira de nous achever quelques mois plus tard sur le monument qu’est le «Irish Tour ’74». Vous pensez que j’en fais un peu trop ? Peut-être. Il faut bien parfois laisser parler toute sa subjectivité la plus sotte et laisser l’objectivité de côté. Oui, c’est comme être fou amoureux.

Avec cette tournure légèrement plus Hard Rock que ses réalisations précédentes, Rory GALLAGHER livre un album à la fois frais et robuste, où encore une fois, outre une énergie communicative, transpire la passion de l’artiste pour le Blues et pour le Rock, sans oublier l’aspect Folk, toujours bien présent quoique de façon plus discrète. «Tattoo» n’est pas l’album de la maturité, cette dernière était là depuis bien longtemps, déjà à l’époque de TASTE. Ce n’est pas non plus le disque de la consécration même s’il a ouvert certaines portes du succès en Europe. Non, il s’agit simplement d’un excellent opus, exécuté avec passion par quatre musiciens pour qui tout sourit. Un classique un peu mésestimé du genre, qui mérite que l’on se penche dessus. Et pas qu’un peu !

https://metal.nightfall.fr/index_14664_rory-gallagher-tattoo.html

Ou encore elle de Teemo publiée le 17 novembre 2015 :

Incroyable ! En 1971, alors que son album éponyme vient de voir le jour, Rory Gallagher achève l'enregistrement de " Deuce ". A 23 ans le natif de Cork a déjà fait ses preuves, notamment grâce à son groupe Taste, avec lequel il a côtoyé Jimi Hendrix, les Who et convaincu les foules du festival de l'île de Wight et celles de Montreux. Son premier album était déjà fort délectable, mais le guitariste n'avait clairement pas encore fait le deuil du groupe qui l'avait fait connaître ; pour cause, " Hands Up " et " Sinner Boy " faisaient déjà partie du répertoire de Taste. C'est vraiment avec la sortie de " Deuce " que Rory Gallagher commence à percer. L'album est enregistré au studio Tangerine à Londres, avec pour dessein de retranscrire l'esprit des concerts.

L'album éponyme était celui de la transition entre la période où il jouait en groupe et le début de sa carrière solo, où il pouvait enfin voler de ses propres ailes. " Deuce " est l'album où cette liberté est complètement intégrée au sein de son jeu et se déchaîne à travers les morceaux. Esthétiquement parlant, " Rory Gallagher " se voulait propre, impeccable, sans aspérités. " Deuce " c'est l'extrême inverse : un son crade, des sonorités crunchy et surtout une production très crue. Toujours aux côtés du bassiste Gerry McAvoy et du batteur Wilgar Campbell, Rory Gallagher débarque avec 10* nouvelles recettes mélangeant savamment le blues-rock et la folk, comme il sait si bien le faire.

Rory annonce la couleur dès les deux premiers titres de l'opus. L'énergie que dégagent " I'm not Awake Yet " et " Used to Be " est telle que l'on se croit déjà dans la foule, les oreilles saturées par les watts, le visage plein de sueur et les yeux brillant d'admiration devant ce génie de la six-cordes. Décidément, lorsque l'on écoute " Crest of a Wave ", on ne peut qu'affirmer que la volonté de reproduire l'effet live en studio a été brillamment mise en œuvre ; tant dans l'enregistrement que dans la spontanéité du jeu de Gallagher, d'ailleurs ! Écoutez ces improvisations qui coulent toutes seules, ce son brut directement sorti de l'ampli sans effets superflus, admirez sa manière de faire rugir la slide sur " Whole Lot of People ".

D'un coup, d'un seul, Rory nous invite dans ses chères terres irlandaises où tintent les cordes des guitares acoustiques, où l'harmonica hulule et où les gens dansent et chantent. Ainsi, " Don't Know Where I'm Going ", morceau country joué à la guitare 12-cordes, est la parfaite chanson à jouer autour du feu, perdu dans la campagne verdoyante du pays. Avec " Out of my Mind ", que l'on croirait tout droit sorti du répertoire de Sam McGee, Rory prouve que la technique du picking n'a plus de secret pour lui. " Should've Learned my Lesson " est un clin d'œil au blues électrique pur à la Freddie King, un morceau plutôt standard mais qui fait tout de même son effet !

La nébuleuse Gallagher éclot peu à peu avec " Deuce ", qui est le premier pilier de sa carrière. Fort d'une production solide, l'album est à la fois équilibré et varié, et montre un Rory prêt à tout. C'est un artiste sensible, fait pour la scène et qui prend beaucoup de plaisir à partager son blues-rock pêchu et sa folk irlandaise.

* La réédition de 1999 contient " Persuasion ", un titre bonus fort jouissif.

Source : http://fp.nightfall.fr/index_8415_rory-gallagher-deuce.html

Tiré par le sublime ''Million Miles Away'', 3e chanson la plus écoutée de tout le répertoire de Rory, ''Tattoo'' qui, sommes toute, était un album plutôt modeste, est devenu un des plus écouté (le second à ce jour derrière ''Top Priority'') avec 26.019.311 streams (au 15 janvier 2025). A noter, aussi, l'excellent score de ce qui est probablement une des chansons les plus emblématique de Rory : ''Tattoo'd Lady'' avec près de 5 millions d'écoutes (4.992.356). Plus étonnant viennent derrière à quasi égalité : ''"Admit It'' et le très Jazzy ''They Don't Make Them like You Anymore'' avec respectivement 2.242.123 et 2.218.093. Les autres ramassent les miettes (entre 200 et 500.000 écoutes) avec, tout de même, ''Cradle rock'' qui émerge à 975.818 écoutes.

Je vous invite à découvrir l'excellente chronique de cet album publié par Teemo le 22 août 2018

Au début de l'année 1973, est sorti " Blueprint ", album qui marque l'arrivée du claviériste Lou Martin. Bien que le quartet forge quelques morceaux qui deviendront des classiques chez GALLAGHER comme " Walk on Hot Coals ", l'opus manque un peu d'inspiration et de dynamisme. " Tattoo " voit le jour à la fin de cette même année et semble prendre le contre-point de son prédécesseur avec une approche qui tient bien plus du hard rock.

Prolixe comme beaucoup d'artistes à l'époque, c'est plein de gouaille que GALLAGHER nous embarque dans ce nouvel opus. Le guitariste enregistre une fois de plus dans les studios londoniens. Pourtant, dès les premiers riffs on jurerait avoir à faire à une prestation sur scène tant Rory les attaque avec poigne. Ce qui fait de " Tattoo " un album unique, c'est qu'il incarne plus que jamais cette volonté qu'a toujours eue le guitariste de retranscrire en studio l'énergie propre au live.

Ce n'est pas un hasard si le fameux " Irish Tour " puise ses compositions principalement dans cet opus… " Cradle Rock ", " A Million Miles Away ", ou " Tattoo'd Lady " sont des pièces maîtresses du répertoire de GALLAGHER et, n'ayons point peur des mots, des jalons de l'histoire du blues-rock au même titre que certaines compositions de ZZ TOP ou de LED ZEPPELIN. L'écoute de ces pièces suffit à nous faire transpirer tant l'énergie qu'elles dégagent est ardente.

L'album jouit d'un équilibre parfait entre toutes les facettes construisant la personnalité musicale de Rory GALLAGHER qui semble plus épanoui que jamais. Son penchant naturel pour le rock est exacerbé au travers de compositions à la robustesse et à la profondeur jusqu'alors inégalées, allant même jusqu'à évoquer le rock progressif. Le clavier de Lou Martin, revêtant tantôt le piano tantôt l'orgue Hammond, est parfaitement intégré à la formation dont il catalyse la puissance dévastatrice. GALLAGHER s'impose en vraie force de la nature avec un déluge de compositions à l'interprétation sincère et jouissive.

D'autre part, la proximité intimiste pour la folk qu'on lui connaît n'est pas en reste. Ses compositions acoustiques ne flirtent jamais avec le banal et expriment toujours aussi bien le bucolisme des radieuses campagnes irlandaises que la mélancolie toute naturelle du blues. Même " Tucson, Arizona " qui semble de prime abord franchement niais se révèle un hommage plutôt touchant.

Bien que l'" Irish Tour " ait toujours eu tendance à faire de l'ombre à " Tattoo ", il n'en demeure pas moins que cet album studio constitue la quintessence de l'esprit GALLAGHER et le sommet de la carrière du guitariste.

Source : http://fp.nightfall.fr/index_11752_rory-gallagher-tattoo.html