2011
Réalisation : 17 Mai 2011
Maison de disques : UMC
Enregistré à : His Master’s Wheels, San Francisco, Californie. Old Waldorf, San Francisco, Californie
Producteur : Elliot Mazer / Daniel Gallagher
Composition:
Rory Gallagher (Guitars, chants et harmonica)
Gerry McAvoy (Guitare Basse)
Rod de’Ath (Batterie)
Lou Martin (Claviers, Piano)
Ted McKenna (Batterie)
Martin Fiero (Saxophone)
Joe O’Donnell (Violon)
Initial Release: May 17th, 2011
Record Label: UMC
Location: His Master’s Wheels, San Francisco, California. Old Waldorf, San Francisco, California
Producer: Elliot Mazer / Daniel Gallagher
Featuring:
Rory Gallagher (Guitars, vocals, and harmonica)
Gerry McAvoy (Bass guitar)
Rod de’Ath (Drums)
Lou Martin (Keyboards, Piano)
Ted McKenna (Drums)
Martin Fiero (Saxophone)
Joe O’Donnell (Violin)
NOTES FROM SAN FRANCISCO - LP tous les titres par Rory Gallagher.
Disque 1
STUDIO
- "Rue the Day" – 4:26
- "Persuasion" – 4:45
- "B Girl" – 4:42
- "Mississippi Sheiks" – 5:56
- "Wheels within Wheels" (acoustic version) – 3:40
- "Overnight Bag" – 4:46
- "Cruise on Out" – 5:19
- "Brute Force & Ignorance" – 5:45
- "Fuel to the Fire" – 5:43
- "Wheels within Wheels (electric version)" – 3:55
- "Cut a Dash" – 3:49
- "Out on the Tiles" – 4:22
Disque 2
LIVE
- "Follow Me" (from Top Priority) – 6:25
- "Shinkicker" (from Photo-Finish) – 3:42
- "Off the Handle" (from Top Priority) – 7:01
- "Bought and Sold" (from Against the Grain) – 4:43
- "I'm Leavin'" – 4:35
- "Tattoo'd Lady" (from Tattoo) – 6:49
- "Do You Read Me" (from Calling Card) – 6:11
- "Country Mile" (from Calling Card) – 3:51
- "Calling Card" (from Calling Card) – 5:51
- "Shadow Play" (from Photo-Finish) – 5:11
- "Bullfrog Blues" (from Live in Europe) – 5:38
- "Sea Cruise" – 3:29
CE QUE L'ON PEUT DIRE DE CET ALBUM / WHAT CAN BE SAID ABOUT THIS ALBUM
Troisième album à paraître après le décès de Rory et, album très intéressante à découvrir, 34 ans après sa non-publication : Rory n'était pas satisfait de ce qui était censé devenir son "album américain", il a changé la plupart de ses camarades de groupe (Au revoir Lou Martin et Rod de'Ath, bienvenue Ted McKenna) et a publié, un an plus tard, "Photo finish" qui contient dans différentes versions : « Mississippi Sheiks » – « Overnight Bag » – « Cruise on Out » – « Brute Force & Ignorance » – « Fuel to the Fire ». Intéressant aussi pour : « B Girl » qui deviendra "Public Ennemi N°1" sur l'album "Top Priority" de 1979.
L'album de 12 titres s'ouvre sur ''Rue The Day'' un petit Rock speedé qui permettra, une fois encore, de mesurer toute la qualité des envolées de clavier du regretté Lou Martin. ''Persuasion'' balance pas mal et, là encore, une belle présence de Lou. Un petit solo bien envoyé sur cette chanson qui évoque une rupture et le retour hypothétique de l'être aimé. ''B Girl' comme précédemment annoncé servira plus que de base (la structure du morceau étant déjà là en quasi totalité) à ce qui deviendra, deux albums plus loin, ''Public Enemy N°1''. Les soli d'orgue seront alors supprimés et la durée du morceau ramené de 4:42' à seulement 3:36'. La présence de la basse de Gery prenant au passage plus d'ampleur. On regrettera amèrement quel le solo de guitare final soit méchamment shunté. Arrive ce qui deviendra un monument ''Mississippi Cheiks'', un tempo lent et, pour le pont, un solo de guitare bien gras comme on les aime. Le solo est plus incisif et l'harmonica s'invite. Le morceau passe de 5:56 à 6:05. Magnifique balade que ce ''Wheels Within Wheels'', une chanson d'amour, un peu désespérée, comme toutes celles que Rory produira. Un Lou Martin, pour une fois tout en douceur, sur son clavier magique. Quelle splendeur que cet extraordinaire ''Overnight Bag'' qui décrit parfaitement sa vie sur la route : "Emballe mes regrets dans un sac, une brosse à dents, une guitare, je vais partir avec la prochaine brise qui souffle. Ma tête est lourde comme un ciel de pluie,''. Encore une histoire d'amour sans solution, il doit reprendre son chemin : ''écoute ma prière et sauves-moi - je t'ai écris mes pensées, te les envoyée dans une enveloppe bleue, l'ai scellée plein d'espoir, il semble que tu ne l'ai jamais reçu''. Tout est dit ! On reprend un rythme de train de marchandise avec ''Cruise On Out''. Le solo de piano de Lou est, une fois encore, renversant de feeling La chanson est à nouveau racourcie passant de 5:19 à 4:42. Un ''Brute Force And Ignorance'' alourdi par des interventions un peu trop présentes de la batterie et d'une guitare curieusement traitée avec, pour finir, un saxo totalement inutile. Le morceau subira une cure d'amaigrissement bienvenue et sera concentré de 5:45 à 4:22. Pour ma part je retiendrai plus particulièrement cette sublime version de ''Fuel To The Fire'', à mon sens supérieure à celle enregistrée ensuite pour ''Photo Finish'', la partie guitare ayant été trop écourtée et profondément modifiée. Une version gentiment électrique de ''Wheels Within Wheels''. Curieux que ce ''Cut A Dash''... Jazzy (?) pas grand chose d'autre à en dire. ''Out on The Tiles'' fera parti des morceaux définitivement rejetés, un petit Rock'n'Roll teigneux à la Chuck Berry qui ne fera pas date. Pas grand chose a en dire.
Le second CD rassemble des enregistrements live enregistrés en décembre 1979 au Old Waldorf de San Francisco ; soit deux ans après les faits.
Fourth album to be publish after Rory's passing and very interesting thing to discover it, 34 years after his non publication. Rory was not satisfied with what was supposed to become his "American album", he changed most of his bandmates (Goodbye Lou Martin and Rod de'Ath, welcome Ted McKenna) and released, a year later, "Photo finish" which contains in different versions: "Mississippi Sheiks" - "Overnight Bag" - "Cruise on Out" - "Brute Force & Ignorance" - "Fuel to the Fire". Also interesting for: "B Girl" which will become "Public Enemy No. 1" on the 1979 album "Top Priority".
Rory was not satisfied of what was suppose to become his ''American Album'', changed most of his bandmates (Goodbye Lou Martin and Rod de'Ath, welcome Ted McKenna) and published, one year latter, ''Photo finish'' keeping on it in different versions: "Mississippi Sheiks" – "Overnight Bag" – ''Cruise on Out" – "Brute Force & Ignorance" – "Fuel to the Fire". Interesting too: ''B Girl'' will become 'Public enemy N°1'' on 1979 album 'Top Priority'.
The album opens with 'Rue The Day', a little speedy Rock that will allow, once again, to measure all the quality of the keyboard flights of the late Lou Martin. 'Persuasion' swings quite well and, again, a beautiful presence from Lou. A little solo well sent on this song which evokes a breakup and the hypothetical return of the loved one. 'B Girl' as previously announced will serve more than as a basis (the structure of the piece being already there in almost its entirety) for what will become, two albums later, 'Public Enemy N°1'. The organ solos will then be removed and the length of the piece reduced from 4:42' to only 3:36'. The presence of Gery's bass takes on more scope. We will bitterly regret that the final guitar solo is badly shunted. Then comes what will become a monument 'Mississippi Cheiks', a slow tempo and, for the bridge, a very fat guitar solo as we like them, the piece goes from 5:56 to 6:05. 'Wheels Within Wheels' is a magnificent ballad, a love song, a little desperate, like all those that Rory will produce. A Lou Martin, for once very gentle, on his magic keyboard. What a splendor this extraordinary 'Overnight Bag' is, which perfectly describes his life on the road: "Pack my regrets in a bag, a toothbrush, a guitar, I'll leave with the next breeze that blows. My head is heavy like a rainy sky,''. Another love story without solution, he must resume his journey: ''hear my prayer and save me - I wrote you my thoughts, sent them to you in a blue envelope, sealed it full of hope, it seems you never received it''. Everything is said! We return to a freight train rhythm with 'Cruise On Out'. Lou's piano solo is, once again, stunning in feeling. The song is again shortened from 5:19 to 4:42. A 'Brute Force And Ignorance' weighed down by slightly too present interventions of the drums and a curiously treated guitar with, to finish, a totally useless sax. The piece will undergo a welcome slimming cure and will be concentrated from 5:45 to 4:22. For my part, I will particularly remember this sublime version of 'Fuel To The Fire', in my opinion superior to the one recorded later for 'Photo Finish', the guitar part having been too shortened and deeply modified. A nicely electric version of 'Wheels Within Wheels'. Weird song that this 'Cut A Dash'... Jazzy (?) not much else to say about it. 'Out on The Tiles' will be one of the definitively rejected pieces. A little tough Chuck Berry mood Rock'n'Roll which will not make history. Not much to say about it.
Que s'est-il passé dans la tête de Rory GALLAGHER ce fameux soir où, pétant les plombs, il décide de jeter un album entier et finalisé à la poubelle ? C'est Donal Gallagher, frère et accessoirement manager de, qui narre l'anecdote dans un docu posthume sorti en DVD. Cet album, Rory vient de l'enregistrer à San Francisco en décembre 1977, sous la houlette du producteur ingé-son Elliot Mazer (Neil YOUNG, Bob DYLAN, Janis JOPLIN entre –nombreux- autres). A priori, on se dit que ledit album a complètement disparu. Sauf que l'histoire ne s'arrête pas là puisqu'en réalité la copie n'a (finalement) pas été détruite et que peu avant sa disparition, Rory aurait autorisé son frangin à publier la chose à condition de la faire remixer. À l'époque, en 1978, cet épisode avait conduit l'Irlandais à se diriger vers l'Allemagne pour enregistrer dans l'urgence, accompagné d'un nouveau line-up*, ce qui deviendrait le célèbre Photo Phinish. Dont pas moins de cinq titres figuraient déjà sur la copie non rendue. Copie qu'on découvre tout de même en l'an 2011, remixée par Daniel Gallagher fils de Donal, suivant les instructions de son oncle. Aussi décortiquons l'objet et tentons de répondre au pourquoi du comment le concernant. On sait que l'homme était plutôt hermétique aux modes, les années 77/78 étaient marquées par l'avènement du Punk, le Hard commençait à virer au Metal comme pour répondre à l'agressivité du mouvement précédent, or Rory, fier Irlandais, ne vit pas non plus totalement hors sol. Pas question, bien entendu, de faire comme si on découvrait l'eau chaude néanmoins l'atmosphère Rock du moment n'est pas portée sur l'édulcoration en Europe et plus particulièrement dans les îles anglo-saxonnes. Tout le contraire (ou presque) de ce qui advient aux States, porté par un Soft Rock classieux enclin à développer une propreté maladive. Alors oui, ce qui se nomme désormais Notes From San Francisco a été profondément remanié en post-production par le neveu de Rory et on se doute que sa version initiale avait donné de l'urticaire au guitar hero, lui qui détestait toute tentative d'édulcoration, lui qui, têtu comme une mule, n'a jamais toléré qu'on lui impose quoi que ce soit sur le plan artistique.
Il convient tout de même de comparer avant tout les titres communs à Notes From SF et Photo Finish afin de se faire une idée plus précise de ce qui advint alors. Par exemple, la chanson " Mississipi Sheiks " semble bien plan-plan comparée à sa version ultérieure, elle peine à se mouvoir, manque de fluidité là où son groove oriental lui permettra de donner toute sa mesure par la suite. Et ce n'est pas le seul cas, prenons " Brute, Force And Ignorance ", nous obtenons un constat identique, la version de Photo Finish s'avère, là encore, bien plus adaptée au style du barde irlandais. C'est idem pour " Fuel To The Fire ". Le jeu de batterie de Ted McKenna y est aussi pour beaucoup. On sait que GALLAGHER avait aussi décidé de se séparer de Rod de 'Ath avant de remettre le couvert pour une nouvelle livraison. Indubitablement, McKenna se révèle nettement plus adapté à cette nouvelle (ré)orientation. Le cas de Lou Martin est différent, on le retrouverait plus tard aux côtés de Rory**, lui fera les frais d'une volonté du maestro de simplifier son son. Les soli de guitares y gagneraient en évidence itou. La version d' " Overnight Bag " peut aussi décevoir, alors que cette chanson magnifie la fin de la première face de Photo Finish, mais au bout du compte celle qui figure sur Notes From SF, ornementée de claviers, s'avère être à la hauteur même si celle citée précédemment demeure référentielle. De même l'endiablée " Cruise And Out " tire plutôt bien son épingle du jeu. Hors Photo Finish, quatre autres chansons en version vinyle ou sept sur CD, restées longtemps inédites, sont inscrites au programme. Passons rapidement " Cut A Dash " et " Out On The Tiles " reléguées en fin de course, qui ressemblent plus à des bonus CD qu'à des titres forts, ce n'est pas mauvais du tout mais c'est tout de même du remplissage. Un titre est présent en deux versions, il s'agit de la fort belle ballade " Wheels Within Wheels ", qui rappelle furieusement le CLAPTON inspiré des 70's. " B Girl " interpelle a priori moins, mais c'est un Blues Rock de bon aloi qui tient sa route efficacement. " Rue The Day " qui ouvre l'album est du Rock'n'Roll roboratif, on passe –déjà- un bon moment. Néanmoins, c'est " Persuasion " qui mérite la palme des inédits : mélodie, groove, riffs, solo, tous les ingrédients issus des meilleurs tonneaux du Blues Rock y sont présents. Indubitablement, ce titre aurait mérité meilleure reconnaissance.
Comme on est généreux dans la famille GALLAGHER, on ne s'est pas contenté de livrer l'album studio garanti d'époque puisqu'on a choisi de l'agrémenter d'un enregistrement Live capté tout pile deux ans après les sessions studio de Notes From SF, en décembre 1979, suivant la tournée Top Priority. Rory avait publié de son vivant trois enregistrements en public, tous confectionnés à partir de différentes dates. Ici, l'ensemble provient d'un unique set, avec des morceaux dans l'ordre de la set-list. Ce n'est donc pas un Live anodin. Notons qu'aucun morceau au programme ne figure sur le disque en studio, ici pas de doublon. " I'm Leavin' " et " Sea Cruise " ne figurent sur aucun album, alors que " Bullfrog Blues " n'est disponible que sur Live In Europe. C'est l'occasion de bénéficier d'excellents moments fort peu exposés, voire inconnus. Le show est –comme il se doit- incandescent, tantôt très Hard Rock, les titres de Top Priority et de Photo Finish n'y sont pas pour rien, tantôt purement Blues Rock. L'album Calling Card y est le mieux représenté. Cela permet de mieux situer le contexte dans lequel fut publié Stage Struck, lequel faisait la part belle au Hard Rock. " Shadow Play " n'est pas jouée en fin de show, où la chanson servait de défouloir ad-lib afin d'embraser et de communier avec le public jusqu'à plus soif. Elle dépasse de peu les cinq minutes réglementaires. Mention spéciale pour l'excellente version de " Calling Card " ou encore la très Heavy " Off The Handle ", mais c'est l'intégralité du show qui fait plus que du bien, qui explose de sincérité, la doublette McAvoy/McKenna impressionne tout autant que le maître des lieux, quelle claque !
Concluons ainsi : Notes From San Francisco est composé d'un bon album en studio, une fois fait fi des (inévitables) comparaisons entre les versions des titres en commun avec Photo Finish, ainsi que d'un (quasi) indispensable album en Live qui dépote comme toujours avec Rory. De toute façon, l'homme n'a jamais fait de mauvaise musique, grâce lui soit rendue : Rory à jamais dans nos mémoires et dans nos cœurs.
* : Ce pourquoi je vous renvoie à la chronique d'Erwin ici : http://fp.nightfall.fr/index_13674_rory-gallagher-photo-finish.html
** : Notamment lors des sessions des albums Defender (1987) et Fresh Evidence (1990)